Maties Palau Ferré, un artiste international au coeur de Montblanquin.
Maties Palau Ferré est né le 24 août 1921 à Montblanc, en Tarragone. Il est le cadet et le seul garçon des 3 enfants de Domenec Palau Dalmau et Maria Ferré Sanahuja. Il passe son enfance et son adolescence à Montblanc auprès de ses sœurs Natividad et Maria del Carme. Dès son plus jeune âge il montre une inclinaison particulière pour l’art. Pendant sa jeunesse il part pour Barcelone, où il paie ses études à l’école des Beaux-arts Saint Jodid avec un emploi à l’Institut National des Prévisions. Dans le même temps il s’introduit dans le milieu des arts et mûrit ses dons artistiques, développe sa personnalité et sa formation, qu’il complétera plus tard à l’étranger. Entre 1951 et 1957 il présente diverses expositions à Barcelone, Madrid et Londres. Entre 1957 et 1961, il obtient par 3 fois une bourse du gouvernement français et poursuit sa formation artistique à Paris. Cependant, au grand dam de ses professeurs et amis, il retourne dans son pays natal où, selon ses propres termes, il se sent libre de créer. Sans pour autant vivre à l’écart du monde, bien au contraire, il continue depuis Montblanc une intense relation avec le monde des arts avec lequel il reste en contact permanent à travers ses amis, ses collègues et de fréquentes visites et voyages dictés par son inquiétude artistique. Au début des années 70 il vit un intense conflit personnel et juridique à propos de la commercialisation de ses oeuvres, qui atteint son paroxysme avec la sentence de la Cour Suprême d’Espagne qui le condamne le 16 mai 1974 à une amende au profit d’un marchand d’art, payable par un certain nombre de mètres carrés de peintures à l’huile. Grandement affecté par cette condamnation, il décide, après le paiement de sa dette, de brûler toutes ses nouvelles œuvres dès leur production pour manifester son désaccord et protester contre ce qu’il vit comme une atteinte à la liberté d’expression artistique et une brutale manipulation mercantile de l’esprit de création d’un artiste de la part de la plus haute instance juridique du pays. Avec amertume, il prive des fruits de son art, la société qui l’a condamné. Entre 1974 et 1989 il n’expose et ne montre aucune œuvre en public. Jusqu’en 1985 il brûle toutes les peintures et les dessins que son irrésistible créativité artistique lui fait produire. Il ne réalisera plus aucune huile. Heureusement, l’insistance de ses professeurs, de ses amis, de sa famille, des critiques d’art, son inéluctable évolution personnelle, les circonstances de la vie et surtout l’incursion dans diverses techniques de création, certaines déjà pratiquées, comme la céramique ou la sculpture et d’autres nouvelles comme l’encre de Chine sur papier fait main produisent en Maties une véritable catharsis de laquelle surgit un nouveaux Palau Ferré renouvelé en énergie, en créativité, en techniques et en joie de vivre. En 1989, après quinze années d’exil volontaire, il expose à nouveau en particulier ses superbes encres de Chine. A partir de ce moment il continue de créer et de présenter son travail dans de nombreuses expositions en Espagne et aux Etats-Unis, mais jamais plus dans des galeries d’art commerciales. Le premier janvier 2000, au fait de son génie et dans la plénitude de son art, il meurt dans sa maison de Montblanc. La municipalité de Montblanc le nomme Fils Préféré de la ville et en hommage posthume les habitants de Montblanc organisent une exposition des œuvres de leur collection privée. La dépouille de Maties Palau Ferré, artiste universel du XXe siècle repose selon sa volonté dans le cimetière de sa ville chérie de Montblanc.
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